Qui se souvient de Gaylord ?

Si, comme moi, vous êtes de la génération Casimir et Récréa A2 (Ou encore Goldorak, Albator, Maya l’abeille, Heidi, etc.), vous reconnaîtrez peut-être cette petite bouille :

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Perso, la série TV, diffusée par TF1 au tout début des années 1980, ne m’a laissé qu’un vague souvenir. En revanche, les livres dont elle était tirée ont bercé toute mon enfance :

Mon ami Gaylord d’Eric Malpass

ImageTrois volumes qui ont bien vécu, que j’ai lu, relu et re-relu, et que je viens de retrouver au fond d’un vieux carton.

Évidemment, je me suis empressée de replonger le nez dedans…

Alors ? Eh ben, je ne suis pas déçue : après 30 ans, le plaisir est resté intact et je me suis beaucoup amusée des péripéties et des petits travers de mon jeune héros. J’ai apprécié de redécouvrir cet univers que j’avais bien connu enfant avec mes yeux d’adultes. On ne voit pas du tout les mêmes choses. A l’époque, j’étais Gaylord. Aujourd’hui, je vois plutôt les choses du point de vue de May, sa maman…

Je me demande quand même ce que la petite fille de huit ans pouvait bien y comprendre ? Parce que si Gaylord est un enfant, il n’en évolue pas moins dans un monde d’adultes aux préoccupations sérieuses et parfois graves. Le genre de préoccupations dont on ne parle pas devant les enfants, justement… J’étais sans doute comme Gaylord lui-même, naviguant à travers des évènements incompréhensibles et brodant à ma façon ce que je pouvais en saisir…

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Book à brac

Franchement, vous les finissez toujours, vous, les livres que vous commencez ?

Moi pas ! Et cet été, on peut dire que j’ai fait fort pour sauter de l’un à l’autre sans en finir aucun (ou presque) !

Au commencement (de mes vacances) était ce livre  →

Une fresque historique passionnante sur les traces du poète persan Omar Khayyam ; une langue riche et savoureuse. Bref, un chef d’œuvre lu et relu…

…que j’ai pourtant laissé tomber pour ça :

Un livre qui m’avait tapé dans l’œil en parcourant la bibliothèque de Marie Sourire, et sur lequel je suis tombée par hasard en faisant mes courses (J’peux pas m’empêcher d’aller traîner dans ce rayon-là, évidemment !). Les états d’âmes d’une trentenaire qui réalise un jour qu’elle a l’âge qu’elle a… Ça m’inspirait assez, comme sujet (ben, j’ai plus vingt ans depuis un certain temps, hein)… C’est vrai que ce livre s’est avéré léger et distrayant ; et que je me suis tout à fait retrouvée dans certaines situations.

Mais je dois l’avouer, j’ai eu du mal à arriver au bout. Je ne comprenais pas où voulait en venir l’auteur en nous trimballant à travers le quotidien du personnage, et j’ai trouvé qu’on avait un peu perdu notre sujet en cours de route. Heureusement, j’ai plus accroché sur la fin et la mésaventure finale m’a presque tenue en haleine…

Je l’ai donc fini juste à temps pour que ma sœur puisse l’emmener avec elle à l’autre bout du monde.

Ensuite, j’ai entamé ça →

Comme beaucoup de gens, j’avais été touchée par l’histoire de cette femme – et de ses enfants, qui avaient dû finir de grandir sans leur mère.

Je me suis donc plongée dans la jungle colombienne et dans les premiers chapitres. Oui, mais voilà : mon père le voulait pour son séjour à l’hôpital…

Alors, je me suis rabattue sur un autre témoignage :

Un livre écrit et publié bien avant qu’il ne devienne Président des États-Unis et dont j’ai lu les premiers chapitres avec beaucoup d’intérêt. Être métis au pays de l’oncle Sam (et de l’oncle Tom…) n’est pas une mince affaire ! Comment vivre au royaume de la ségrégation raciale quand on est soi-même un mélange et que chaque ‘camp’ nous renvoie systématiquement notre différence comme un reproche ?

Bref, vous l’aurez compris, c’est le parcours d’un homme en perpétuelle quête d’identité. Un sujet passionnant pour qui a toujours vécu entre plusieurs pays et cultures.

J’étais pratiquement à la moitié du livre, lorsque soudain…

…En farfouillant dans de vieux cartons, je suis tombée là-dessus :

Mes livres d’enfance ! Qu’est-ce que je fais : Je termine d’abord Obama ? Ou je me replonge dans mes souvenirs ???…

Je repique, évidemment ! J’ai avalé les trois en une seule bouchée !

Et après ? Ben, regardez ce qu’on vient de trouver à la décharge :

Oui, oui : à la décharge ! Des livres d’histoire que quelqu’un a jeté (Bonaparte, Napoléon, Louis XIV et Alexandre le Grand)…

Aliénor d’Aquitaine, je ne connais pas du tout. C’est peut-être l’occasion…

Vous l’aurez compris : je suis un papillon-bouquivore ! Je volète de droite et de gauche, et je butine, je butine… Un peu par-ci, un peu par-là. C’est comme ça.

Tu vas finir par t’abîmer les yeux !

– Encore en train de lire ?! Mais tu vas finir par t’abîmer les yeux !

Combien de fois la petite fille que j’ai été a-t-elle entendu ça ? On me cherchait ? A coup sûr, on me dénichait dans un coin, le nez dans un bouquin.

– Mais enfin, il fait si beau ! Vas donc jouer dehors !

Sur quoi, je sortais en haussant les épaules, mon livre sous le bras, pour aller le finir sous un arbre… M’abîmer les yeux ? Les adultes ont vraiment de drôles d’idées parfois.

D’où me vient cette passion pour les livres, je n’en sais rien. Mais le fait est que depuis toute petite, j’ai toujours lu à peu près tout ce qui me tombait sous la main ; ce qui était plutôt pratique, étant enfant. Qui n’a pas en mémoire le souvenir d’interminables soirées chez les amis des parents (« Quand est-ce qu’on part ??? ») ; ou bien celui de longues et ennuyeuses après-midi chez la voisine chargée de nous garder ? Hein ?! Même la voisine qui n’est pas une grande lectrice a au moins un livre de cuisine ou un programme télé qui traîne sur un coin de table.

Je n’étais pas difficile. Je trouvais toujours quelque chose à me mettre sous la dent. Et ça m’a valu parfois de tomber sur des choses qui n’étaient pas de mon âge. Mais quel adulte se méfierait d’une enfant qui lit bien sagement ? Et quel enfant se méfierait des drôles de BD que le fils de la voisine a oublié de ranger avant son arrivée ?! Ou de la revue en apparence innocente que maman achète chaque semaine ?

Le poids des mots, le choc des photos. Je n’avais pas le droit de regarder le journal télévisé, mais aucun des drames de ces années-là ne m’a échappé ! Les guerres, les crimes odieux, les enfants assassinés : toute l’horreur du monde a défilé sous les yeux de l’enfant discrète que j’étais et qui, une fois sa lecture terminée, s’en retournait tranquillement à ses poupées…

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