J’ai des chouchous, je l’avoue !

Quand on me demande quels sont mes auteurs préférés, je ne sais pas pourquoi, mais je mentionne systématiquement les 4 noms pour lesquels j’ai eu un coup de cœur absolu pendant mes années de lycée (il y a bien longtemps)…

Pourquoi ceux-là ? Je n’en sais rien ! J’ai lu des tas d’autres auteurs depuis. J’ai aimé des tas d’autres livres. Je ne peux même pas prétendre connaître leur œuvre sur le bout des doigts ! Mais ces 4 là, très différents les uns des autres, restent comme des points de repères ; comme des jalons sur ma route à moi dans la littérature.

1) Le premier d’entre eux, c’est Zola, découvert en classe de seconde et adopté tout de suite comme LE plus grand – quoi qu’il arrive ! Zola, c’est celui qui tranche dans le vif avec sa plume acérée, qui dénonce les hypocrisies de la société, qui refuse les fioritures pour montrer les choses telles qu’elles sont.

Bon, c’est vrai qu’il en rajoute parfois une couche et qu’il se complait dans la noirceur. C’est vrai aussi que la théorie du déterminisme qu’il s’efforce de démontrer fait froid de le dos et est difficile à avaler de nos jours. Mais quel talent ! Je l’adore !

Évidemment, L’assommoir et Germinal sont des monuments incontournables ; évidemment, comme toutes les filles, je raffole me perdre dans le foisonnement du Bonheur des dames, dont j’apprécie le dénouement romantique – tout à fait inhabituel chez Zola.

Mais mon préféré, si tant est que j’en aie un, c’est Pot-Bouille : un immeuble haussmannien qui matérialise à la fois la fracture sociale et l’hypocrisie de la société, avec une double opposition bas/haut et façade/arrière-cour. En bas, les appartements cossus et la « haute » société ; sous les toits, les chambres des ouvriers et des bonnes. D’un côté, les apparences à préserver, la bonne moralité à afficher ; de l’autre, les secrets honteux des familles bien pensantes déversés par leurs domestiques en même temps que les ordures.

2) Le second de mes « chouchous », dans un style complètement différent, c’est Boris Vian. Ce cher Boris ! Quand j’ai lu L’écume des jours pour la première fois, toujours en seconde, j’ai dû relire le premier paragraphe au moins dix fois avant de comprendre ! Je n’avais jamais rien lu de tel ! Il m’a fallu un peu de temps pour « entrer dedans » et en goûter toute la saveur. A l’époque, j’avais annoté mon livre au crayon gris : « Bizarre. Bien mais bizarre ».

Boris Vian, c’est de la poésie pure, complètement surréaliste. A savourer sans se prendre la tête, juste pour le plaisir des mots. Avec quand même une certaine gravité derrière l’apparente légèreté.

3) Avec Le Clézio, mon troisième « chouchou », c’est l’évasion, le rêve. C’est la musique des mots qu’il faut prendre le temps de ressentir, de vivre. Ce ne sont pas des livres qu’on avale d’une traite quand on est pressé. Non : ce sont des livres qui demandent qu’on s’y attarde. J’ai un magnifique souvenir de Désert, que j’ai lu au bord d’un lac, en Provence. Un soleil brûlant, des galets et des herbes odorantes… Un moment magique.

4) Barjavel, quatrième et dernier de cette petite liste, représente quant à lui un genre que j’aime beaucoup : celui de la science-fiction. Si j’ai aimé Ravage et Le voyageur imprudent, ou L’enchanteur – dans un style différent – celui que je préfère reste sans aucun doute La nuit des temps. Quel livre magnifique ! Et quelle fin atrocement triste ! A lire absolument…

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